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Message par Clotho le Sam 31 Oct - 15:15

L’eau. C’était une belle invention. Clotho en était tellement fière qu’elle lui avait fait tout un monde rien que pour elle, rien que pour l’eau. Elle l’avait remplit, jusque dans les moindres recoins, de cette chose à la fois transparente et bleue, insaisissable. Et puis elle avait rajouté des rochers et du sable pour décorer. Plus tard, elle avait inventé l’air en essayant d’obtenir une eau complètement transparente. Ca aussi elle en avait été fière, mais elle avait découvert que l’air ne voulait pas rester en place au fond de l’eau. C’était un élément difficile à apprivoiser.

C’est pour ça que Clotho avait fabriqué cette grande bulle de verre en plein milieu de son océan conceptuellement sans fin. En vérité, c’était une prison à air ; qui répondait au doux nom d’Atlantide. La Moire était en train de se dire qu’elle allait peut être en construire d’autre, des prisons à air. Mais pour le moment, elle songeait surtout à des façons d’améliorer le prototype de poisson qu’elle venait de créer ; il avait encore quelques petits problèmes techniques. Mais peut importe, le principale, c’était que la Vie venait de naître.

C’était assez fatigant de créer tout cela en si peu de temps, Clotho s’en apercevait. Elle avait eu envie de se reposer un peu, donc elle était venue se réfugier dans Atlantide. Elle aimait beaucoup la façon donc la lumière jouait avec la limite de verre qui séparait l’eau et l’air, cela créait des effets étranges. Mais comme la Moire n’était pas du genre à rester contempler son œuvre sans rien faire, elle avait sculpté des formes dans une sorte de pierre blanche qu’elle avait découvert par hasard ; le marbre.

A présent, Clotho contemplait les formes qu’elle venait de faire naitre, assise sur un gradin de l’immense demi cercle de ce qui allait devenir le théâtre. Comment de tels bâtiments avaient pu naître de son imagination avant même l’invention de l’humain, nulle ne saurait le dire ; mais en tout cas ils étaient bien là. La Moire trouvait agréable la façon dont les colonnes de marbre s’élevait délicatement vers le ciel de verre de la bulle ; le découpage ciselé de la structure immense ; ses lignes fortes et puissantes.

Un énorme fracas, juste sur sa droite, interrompit brutalement sa contemplation sereine. Elle tourna lentement la tête, impassible comme à son habitude, quand quelque chose la dérangeait. C’était Lachésis.


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Message par Lachésis le Sam 31 Oct - 16:54

Lachésis regardait les cieux. Elle aimait voir la course des nuages, se poursuivant sans raison au milieu du ciel. C’était elle qui avait eu l’idée de le faire bleu. Elle aimait le bleu en ce moment, elle s’était habituée et trouvait ça très approprié. Elle aimait bien la stable couleur du ciel, uniforme et immobile. Ca ferait sans doute un peu désordre quand elle se mettrait à aimer le rouge, avoir un ciel pourpre du jour au lendemain, mais bon.

Lachésis regardait avec amusement Clotho qui créait un peu tout et n’importe quoi…Cela amusait beaucoup Lachésis. Et puis c’est vrai que sa sœur avait fait du bon travail…Cette eau, très sympathique vraiment. Lachésis était plus dubitative quant à la bulle d’air…Le jour où ça craque…Elle haussa les épaules, qui ne tente rien n’a rien. Pour l’instant, Lachésis s’ennuyait.
Clotho était en train de jouer avec des bouts de pierre, créant un bâtiment colossal, Lachésis observait tout ça, brume dans l’air du matin.

Elle aimait la musique de l’eau qui appuyait doucement sur le cube d’air…Elle s’amusa alors avec des cailloux, elle se mit loin, loin, bien au-dessus de l’eau, et entrepris de les laisser tomber. En crevant la surface de l’eau, ils faisaient un petit ploc…Plus le caillou était gros, plus le ploc était grave…Et cela changeait selon la texture…Lachésis commença alors tout un orchestre de cailloux, qui frappaient sur l’eau en rythme. C’est Lachésis qui avait inventé la musique, et elle en était très satisfaite. En réalité, c’est Clotho qui avait commencé avec l’ouïe et la notion de bruit, mais Lachésis avait affiné tout ça.

Les cailloux commençaient à faire des bruits superbes…Lachésis eut alors l’idée de faire la grosse-caisse avec une pierre d’une petite centaine de tonne. Il y eu un superbe boum, puis la pierre vint s’écraser, traversant l’eau et la bulle d’air, au beau milieu du bâtiment créé par Clotho. Lachésis esquissa un petit « oups », puis haussa les épaules, qui ne tente rien, n’a rien…Clotho tourna lentement la tête, impassible, comme à son habitude. Lachésis essaya d’enlever discrètement le rocher qui gisait au centre de la construction, mais peine perdue. Le regard exaspéré de Clotho avait glissé sur le rocher. Lachésis sourit :

« - Tu as entendu mon concert ? »

La parole. C’était merveilleux. Quelle bonne idée avait eu Clotho ! Les 3 moires s’étaient beaucoup amusées à inventer le langage. La grammaire leur avait donné du fil à retordre, mais elles aimaient tordre du fil (n’étaient elles pas des moires fileuses ?). Et elles aimaient beaucoup utiliser cette façon de communiquer, ça changeait de la trop facile télépathie. En attendant la réponse de Clotho – et elle y tenait, Lachésis était toujours très fière de présenter à ses sœurs ses nouvelles créations musicales – elle observa sa création. C’était vraiment colossal pour les quelques créatures qui peuplaient les mondes. Elle se perdait dans ses pensées, elle avait saisi un rythme…Quelque chose de grandiose, qui allait merveilleusement bien avec cet endroit. Une sorte de chant majestueux, elle imaginait déjà les voix différentes s’entrechoquant dans l’air fin de l’endroit, se répercutant sur les murs énormes de l’œuvre de Clotho. Coupant court à ses divagations, Clotho répondit.

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Message par Clotho le Sam 31 Oct - 18:42

Clotho fixa les énormes bulles d’air qui commençait à s’échapper par le trou qu’avait causé le colossale rocher de Lachésis. En passant, elles créaient de nouvelles fissures dans le verre, qui s’agrandissaient et menaçaient presque de faire exploser toute la structure. Lachésis et ses bêtises… Il fallait toujours qu’elle l’oblige à réparer ses créations ; et ce faisant, parfois, à les améliorer. Mais pas toujours. Mais c’était dans l’ordre des choses, après tout. Il arrivait même à Lachésis d’inventer des nouveautés, même si cela s’avérait destructeur.

- Oui, j’ai entendu ton… concert.

Clotho nota mentalement que la musique était un concept dangereux, puisqu’il était en train de détruire Atlantide. Elle leva lentement la tête vers le gigantesque trou dans le verre, et soudain, s’élança vers la fuite d’air. De quelques mouvements aériens et experts, elle répara le trou. Mais beaucoup d’eau avait déjà commencé à inonder son Atlantide, et cela la contrariait beaucoup. Qu’à cela ne tienne, elle la transforma tranquillement en air ; de la même manière qu’elle avait découvert par hasard cet élément.

Une fois les dégâts réparés, elle s’approcha lentement et impassiblement de sa sœur. Elle sentait le bonheur vibrant qui l’habitait dé qu’elle se mettait à parler, et le soin qu’elle mettait à inventer de nouveaux mots. Et maintenant, Lachésis construisait des assemblages de sons en jetant des cailloux dans la mer… Dans son océan. Clotho ne s’était même pas aperçu qu’elle avait créé une surface et un ciel avec ses expériences ratées sur l’air. En somme, c’était une surprise ; même si la surprise était un sentiment inconnu pour elle.

- Lachésis… Tu inventes des choses bien dangereuses. Mais tu as raison, ce qui n’est pas dangereux n’est jamais amusant…

Clotho contempla son théâtre. Elle savait que sa sœur avait ‘’entendu’’ le nouveau mot par télépathie et qu’elle le savourait comme une friandise. La Moire trouvait son œuvre un peu vide, il lui manquait quelque chose. Et les pensées de sa sœur sur le sujet l’aidaient à mettre le doigt sur ce manque mystérieux. Des vois, des dizaines et des dizaines de voix… Mais oui. Elle avait raison, cet endroit était fait pour transporter le son, pour être emplit de sons.

- Je crois que tu as raison. Il manque quelque chose… Mais… Serais-tu en train de penser qu’il faille distribuer le don de parole à d’autres choses que nous ?

Clotho avait toujours du mal à dilapider les dons dont elle se dotait à d’autres créatures. Donner la parole à des… des animaux, peut être ? Oui, le schéma du poisson argenté qu’elle avait fabriqué pouvait être réutilisé pour créer quelque chose capable de parler. D’ailleurs, la Moire était très fière de sa trouvaille pour la reproduction des poissons. Elle avait fabriqué la Vie, et la Vie était capable d’évoluer toute seule pour survivre, selon les exigences de l’environnement, sans elle ! N’était-ce pas tout simplement merveilleux ?


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Message par Lachésis le Dim 1 Nov - 20:27

Clotho avait répondu avec un peu d’agacement dans sa voix, mais elles savaient toute deux que c’était grâce à leurs expériences plus ou moins destructrices qu’elles allaient faire progresser leurs mondes.

- Oui, j’ai entendu ton… concert.

Lachésis avait bien senti le côté dubitatif de la réponse de sa sœur. Elle s’était d’ailleurs empressée d’aller fermer les fissures que la chute du bloc avait générées. Clotho était sensible à la musique, mais pour l’instant, elle semblait surtout très fière de sa création et peu disposée à accepter qu’on la déchire par-ci par-là pour la beauté de la Musique. Lachésis laissait son esprit divaguer, et fixant le bloc de pierre devant elle, elle fit entrer son esprit et s’amusa à devenir une…Statue ? Le mot était absolument délicieux, mais la chose désagréable. Elle s’empressa d’en sortir tandis que Clotho finissait de transformer en air les dernières flaques qui avaient pénétré Atlantide. Sa soeur revint en souriant :

- Lachésis… Tu inventes des choses bien dangereuses. Mais tu as raison, ce qui n’est pas dangereux n’est jamais amusant…

Elles sourirent toutes deux, absolument d’accord sur cette dernière vérité. Observant à nouveau le théâtre, elle eut à nouveau cette vision superbe de la Musique envahissant le théâtre (quel beau mot !). Les notes escaladant les vieilles pierres, les arabesques des mélodies, résonnant sur le marbre froid. Cet endroit dégageait une telle émotion, il manquait l’apogée de sa grandeur. Lachésis avait récemment découvert qu’en parlant de façon à moduler sa voix, pour créer des différences de hauteur entre ces paroles, il sortait de sa gorge un son, guttural ou pur, qui transportait l’émotion. Le chant. La musique produite non plus par les objets, mais par les corps (Lachésis aimait avoir un corps, elle aimait particulièrement ceux des créatures terrestres dont la gorge se pliait mieux à ce genre d’exercices que les poissons). Clotho avait capté toutes ses pensées :

- Je crois que tu as raison. Il manque quelque chose… Mais… Serais-tu en train de penser qu’il faille distribuer le don de parole à d’autres choses que nous ?

Lachésis n’eut pas à réfléchir longtemps, elle lui servit son plus beau sourire et parla, tout fière de ces mots qui sortaient comme par magie de sa gorge :

- Exactement. Ne sois pas avare de dons envers tes créatures…Sinon, elles ne seront ni dangereuses ni drôles.

Voyant s’imposer à l’esprit de sa sœur le concept d’un poisson argenté, elle secoua la tête :

- Non, pas encore des poissons…Ils ne savent pas Chanter.

Décidément, le mot était exquis. Elle essaya de se représenter des poissons chantants, mais ça ne collait pas. Elle voyait plutôt quelque chose de terrestre de toute façon. L’eau étouffait les sons. Quelque chose qui maîtrise vraiment la musique, plutôt gros, parce que plus les créatures sont grosses plus le son s’amplifie avant de sortir de la gorge, pour former le Chant.

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Message par Clotho le Dim 1 Nov - 23:56

Clotho eu un geste agacé. Elle n’aimait pas qu’on la traite d’avare, Elle, la Grande Créatrice, la Moire Fileuse, Celle qui donnait Tout. Elle tenait à son pouvoir, c’était tout. Car elle seul, et peut être Lachésis, détenait le pouvoir de perdre le pouvoir. Même Atropos, pourtant la plus redoutée, ne pouvait pas se jeter elle-même de son trône – elle était comme qui dirait obligée d’être puissante. Et ce n’était pas forcement un cadeau, d’ailleurs ; tout du moins un cadeau empoisonné.

Lachésis avait raison. Il était compliqué de parler sous l’eau ; elles avaient déjà essayé. Les sons se distordaient, comme s’ils essayaient de traverser des litres de mélasses ; ils devenaient mous, poussifs. Et pourtant, ils allaient plus vite qu’en surface ; c’était une chose bien étrange. L’animal qu’elles allaient créer serait… adapté à l’air, ce nouvel élément si beau, si léger, si parfait ! Il aurait des cordes vocales, comme elles sous leur manifestation physique actuelle, et seraient capables de parler, voir même de…

- Chanter ? C’est vrai que c’est joli… Chanter… Ça s’accorderait bien avec ton concert.

Sa sœur crépita de plaisir. Elle aimait qu’on la complimente, qu’on apprécie ses œuvres ; mais qu’on les apprécie vraiment, faire mine ne suffisait pas, elle s’en apercevait immédiatement. Et Clotho aimait la musique, c’était un fait. Elle ressemblait tellement à son théâtre, mais sous une autre forme, une forme sonore et éphémère… Il fallait créer une créature à la fois adaptée au théâtre et adaptée à la musique, au chant et à la parole. Voilà un défie qui était digne des Moires.

Clotho observa la statue dont Lachésis venait de sortir. Elle l’avait fait à partir du gigantesque rocher qui avait failli détruire Atlantide. Cela lui donnait des idées. L’objet en question était magnifique ; c’était une représentation parfaite, dans ses moindres détails, de sa sœur. Elle souriait, presque avec candeur ; mais une lueur dans ses yeux détrompait cette première impression. Pourtant, L’objet n’était fait que de marbre, de marbre légèrement rosé. Clotho décida de l’installer au fond de son théâtre, sur la scène, en souvenir. Elle en fit une autre d’elle-même, mais trouve le résultat moins intéressant qu’avec sa sœur pour modèle.

Puis, tout doucement, elle commença à modeler une autre matière. C’était de la chaire. Elle esquissa des bras, des pieds. Elle s’inspirait de sa sœur et d’elle-même, de toutes les manifestations physiques qu’elles avaient pu adopter en des milliards d’années d’existence. La chose ressemblait à un amas de terre glaise mal modelée, mais la Moire s’acharnait.

- Lachésis… murmura-t-elle avec soin, sachant à quel point sa sœur aimait qu’on prononce son nom. Viens m’aider. Il faut que cette chose parle.


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Message par Lachésis le Lun 2 Nov - 11:45

Lachésis écoutait les pensées de sa sœur, dans une demi-somnolence. Elle regardait le jeu de l’eau sur le cube d’air, et plus loin, beaucoup plus loin, grâce à ses yeux perçants d’immortels, elle voyait le ciel s’étendre au-dessus de l’océan. Ah, les joies de la création…

Un murmure la tira de sa rêverie, son nom, murmuré par sa sœur. Clotho avait commencé le travail. Lachésis adorait qu’on prononce son nom, elle aimait qu’on sache qu’elle aussi était représentée dans la magie des mots.

- Lachésis…Viens m’aider. Il faut que cette chose parle.

Reportant son attention sur le travail de Clotho, elle ne pu retenir un soupir émerveillé : c’était magnifique. Lachésis regardait, ébahie, l’amas de chaire prendre forme. Clotho était vraiment une artiste.

Elle se précipita aux côtés de sa sœur, et fit comme elle l’avait fait avec la pierre : elle entra dans la forme qui se faisait. Et là, elle fit juste un geste. Un. Elle perça le fond de la gorge – auparavant close – formant de chaque coté, une membrane mobile, les cordes vocales. Et en passant, propulsé par le soufflet qui commençait à s’installer dans le…Corps, l’air formerait des sons, plus ou moins aigus, selon les mouvements des membranes. C’était tellement simple ! Deux membranes, se rétractant et s’étendant, pour former des sons. Peu à peu, le corps prenait forme. Lachésis allongea encore les membranes, leurs donna plus de force. Elle dessina les lèvres, pas trop pulpeuse pour que le son ne soit pas étouffé, elle agrandit la cavité de la gorge, pour que le son s’y répercute. La bouche était faite. Elle relia quelques nerfs par-ci par-là au cerveau (que Clotho avait commencé à façonner après s’être assurée que la créature tenait debout), à présent, les cordes vocales étaient contrôlables.

Des étoiles brillaient dans les yeux des deux sœurs. Que c’était beau ! Elles créaient l’instrument parfait ! Elles créaient ! La chose était à leur image – enfin, l’image qu’elles avaient à l’instant – sa peau était cuivrée et ses yeux étaient d’un vert éclatant. Son sourire était subtil, beau et assuré, mais rendu tellement nuancé par ses lèvres minces. Le visage continuait à se former, tandis que le reste du corps se solidifiait. Lachésis remarqua que les pieds de la créature étaient plats. Elle modifia tout de suite ce détail, les pieds plats n’assurent pas une bonne prise sur le sol. Le résultat, en train de prendre forme sous leurs yeux ébahis, était stupéfiant. Des muscles, contrôlés par un cerveau, étaient fixés sur des os et protégés par de la peau. Une véritable architecture, Lachésis était tellement fière d’elles ! C’était un travail superbe. Elle dota la créature d’une longue chevelure de jais, qui auréolait son visage d’une bien belle façon. Les deux moires étaient émerveillées devant leur travail.

Lachésis capta une drôle de pensée dans la tête de sa sœur. Une ébauche d’idée, un début d’une grande réflexion, Lachésis sourit :

- La doter de la pensée ? Tu crois qu’une telle créature pourrait penser ?

Elle y réfléchit un instant, puis sourit :

- Tu as raison. Il est impossible de faire passer des émotions dans la voix s’il n’y a pas d’intentions, et de pensée…Et ça pourrait se révéler assez drôle et formateur…

Elle regarda la sublime créature, qui n’avait pas encore ouvert les yeux…Si elle savait qu’à cet instant se jouait sa destinée…

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Message par Clotho le Lun 2 Nov - 16:12

Oui, la pensée… Ca allait être tellement intéressant… Elle avait fabriqué une sorte de boule grise molle, qu’elle avait placée dans la tête, juste derrière la bouche. Pour le reste, elle s’était inspirée des poissons. Un estomac, pour tirer de l’énergie de la nourriture et recueillir de l’eau, des intestins et tout une ribambelle d’organes compliqués pour parfaire le travail qu’elle entassait un peu en vrac dans le ventre ; et puis une cage thoracique pour aider tout ça à tenir un peu mieux… Des poumons, pour respirer l’air, parce que les branchies ne fonctionnaient que sous l’eau. Mais il n’y avait pas assez de vent, sous cette grosse bulle de verre, pour que cela puisse marcher. Clotho se lança alors dans un défit compliqué, aidé par Lachésis qui modelait la bouche et la gorge. Elle ajouta des muscles un peu partout, savamment ajustés, jusqu’à ce qu’ils permettent à la créature de faire venir elle-même son air jusqu’aux poumons, et le recracher ensuite. Sa sœur était émerveillée.

Puis Clotho se dit que trouver une autre solution que les œufs, pour la reproduction, serait digne de cette créature exceptionnelle. Elle essaya beaucoup de solutions différentes et fini par la doter d’une sorte de poche, au niveau du bas du ventre, ou une copie de la créature pourrait se former. Elle inventa tout un système compliqué pour que la petite chose puisse être nourrie et ne s’étouffe pas, et aussi pour qu’elle puisse sortir sans problème quand elle commençait à devenir trop grosse. Mais rien à faire, il y avait un problème ; elle sortait trop tôt. Elles réfléchirent beaucoup, Lachésis et elle, avant de décider d’inventer une sorte d’’’instinct maternel’’. Pour parfaire la chose, elles ajoutèrent deux sortes de poches qui permettaient à la créature de nourrir son enfant tout le temps pendant lequel n’avait pas encore de dents.

La créature devenait fragile. Clotho sentait que Lachésis se faisait la même remarque. Un petit changement de milieu, ridicule, pourtant, pouvait la tuer en quelques minutes. A force de trop vouloir pour elle (parce que cette chose était incontestablement féminine), elles lui enlevaient beaucoup de résistance. Lachésis avait l’air de trouver cette fragilité importune et contrariante, mais pas Clotho. Au contraire. Cela rendait la créature plus facile à éliminer en cas de danger.

- Je préfère qu’elle meure facilement, dit-elle. La pensée est un cadeau suffisamment grand pour qu’on l’oblige à s’en servir. Et puis… Ça plaira à Atropos.

Que cela plaise ou non à sa sœur cadette n’était pas le premier de ses soucis, lorsqu’elle créait, mais de temps en temps elle essayait de ne pas être trop désagréable. La cohabitation n’était pas toujours facile, entre Moires, mais il fallait faire avec. Atropos avait beau être la Moire de la mort, depuis qu’elle avait tué son premier poisson, son pouvoir ne s’étendait pas jusqu’aux Moires. Il n’était pas dit qu’elles ne le regrettent pas un jour.


Dernière édition par Clotho le Ven 20 Nov - 0:22, édité 2 fois

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Message par Lachésis le Mar 3 Nov - 12:36

Lachésis était tellement fière de leur tout nouveau jouet qu’il lui répugnait de le laisser ainsi démuni contre les agressions des mondes. Mais, comme souvent, Clotho avait raison. Les immortels ou encore les créatures quasi indestructibles causaient généralement des problèmes. Et puis, il fallait que cette créature puisse chanter la peur de mourir, la peur du temps qui passe, l’envie d’avoir plus. Les plus belles choses, Lachésis le sentait alors que ce n’était pas encore une vérité, se forment sur la frustration, le manque, la peur. Plus tard, il serait évident que pour chaque émotion négative, il y a une œuvre quelque part pour la combattre. Et là, sous la lumière irréelle d’Atlantide, Lachésis le ressentait. Elle ressentait la peur de mourir qui n’habitait pas encore la créature endormie. Elle ressentait la crainte de passer à côté de sa vie éphémère. Elle ressentait la beauté des émotions qui se créaient dans ce corps somnolent. En captant les pensées de Clotho, elle hocha la tête. Sans doute qu’un jour, elles regretteraient leur immortalité. Elle soupira :

« - Les mortels ont une vie bien difficile, mais peut-être est-ce la plus belle d’entre toute. »

Elle secoua la tête, interrompant ses réflexions. Atropos ne pouvait rien pour elle, de toute façon. Reportant son regard sur la créature, elle remarqua que Clotho l’avait dotée de tout un appareil destiné à protéger sa progéniture. Cela plut à Lachésis, la protection, l’échec, tout pouvait être sujet à émotions et donc à beauté. L’être était féminin. Lachésis nota qu’il faudrait lui créer un alter ego masculin. Lachésis se pencha sur les bouts des membres supérieurs : les mains. Elles étaient assez grossières, Lachésis regarda les siennes, beaucoup plus fines mais pas encore toute à fait parfaites. Elle regarda sa sœur, visiblement plongée dans la même réflexion. Clotho hocha la tête. Lachésis murmura :

« - Tu as raison, il faut ici quelque chose de fort mais de précis…De très fin…C’est beaucoup trop grossier. »

Clotho sépara alors l’appendice en cinq parties. Elle les ajusta pour qu’en se refermant, elles puissent serrer un petit caillou. Lachésis copia sa manœuvre sur sa propre main. Tandis que Clotho ajustait la taille des doigts, Lachésis se pencha sur le poignet. Il devait être souple, et fort à la fois. La main devait pouvoir se tourner de tous les côtés…Elle admira son travail, plutôt satisfaite. Clotho avait aussi bien travaillé sur la main, notamment le pouce, elle avait tout affiné dans les moindres détails. La main s’était truffé de dizaines de petits os et ligaments, de jointures, de muscles minuscules et puissants. Une main qui pouvait manier des instruments puissants comme fragiles, une main délicate et précise, un détail divin dans ce corps de mortel. Les deux moires se regardèrent, infiniment fières de leur travail. Lachésis regarda à nouveau la main, puis façonna la sienne de la même façon, mais quel ustensile ! C’était encore plus extraordinaire d’en avoir une que d’en voir une. Elle réprima un sourire. Cette main plairait à Atropos, elle pouvait sans effort bloquer le système respiratoire de la créature…Clotho la regardait en souriant. Elle pensait à la même chose, Lachésis perçu dans la tête de sa sœur le nouveau mot :

« - Strangulation ?J’ai bien peur que ça plaise beaucoup trop à Atropos … »

Mais la main était également capable de faire de grandes choses. Elle pouvait…Lachésis avait remarqué que lorsqu’on tendait une corde et qu’on la pinçait ou qu’on la frappait, cela formait un son. La main semblait faite pour pincer et frapper des cordes, elle avait la force et la précision nécessaires. Lachésis la contempla à nouveau. Il fallait inventer un instrument à la hauteur de cette main. Ce membre n’était pas fait pour jeter des cailloux dans l’eau et attendre une hypothétique symphonie. Cette main devait être capable d’exprimer autant de choses que le Chant. Mais pour ça, elle avait besoin d’un allié. Lachésis coupa une mèche de ses cheveux, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit. Elle prit un cèdre. Armée de ces ustensiles, elle façonna le cèdre comme un U, qu’elle ferma avec une branche d’olivier, elle ferma également le bas du U avec des planches d’olivier. Elle tendit ses cheveux entre le bas du U et la branche de cèdre, et en concentrant son énergie sur l’objet, elle fit fusionner les deux bois, qui se recouvrirent d’étincelles avant de finir en un seul objet, poli, lustré, avec de superbes cordes noires, incassables. Les planches d’olivier qui fermaient le bas de l’instrument amplifiaient le son des cordes lorsqu’elles étaient pincées, une vraie caisse de résonance. Et plus elles était pincé haut, plus les notes étaient aigues. Sur la caisse de résonance, il y avait trois visages. Les trois Moires. Elle venait de créer ...

« - Clotho, regarde, c’est…C’est une Lyre ! »

Et Lachésis commença à jouer.

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Message par Atropos le Mer 4 Nov - 0:08

Depuis quelques minutes, les oreilles d'Atropos sifflaient un peu... Pas de doutes, on parlait d'elle ! Plus tard, elle changerait un peu cette capacité pour en faire une plus discrète, parce que sinon elle aurait été un véritable train à vapeur – une idée à creuser, ça – mais pour l'heure, cela allait très bien. Parce qu'il n'y avait que deux êtres, à part elle, à être douées de paroles, et donc deux être pour parler d'elle entre elles. Logique. Donc, ces deux êtres, ses soeurs, en étaient encore venu à discuter de la Moire de la Mort, la Dame de la Fin, l'Implacable et Ultime Atropos. Bah, sans doutes n'avaient-elles rien de mieux à faire ! Elles créaient tant de créatures étranges qu'il était bien normal qu'elles se posent des questions sur la façon dont elle allait faire périr tous ces trus ! Car c'était ça, son travail : épurer les Mondes de toutes les créatures, pour qu'aucune ne se croie jamais au-dessus des Trois Soeurs qui étaient à la source même de toute chose à l'exeption des êtres primordiaux qu'étaient l'Espace, ou Néant, et le Temps qui s'écoule à l'infini.

Sans doutes la plus sérieuse des Trois aurait-elle fini par aller voir ce que les Deux autres créaient loin sous l'eau, mais là elle était en train de vérifier ce qui arrivait quand on sortait longtemps divers animaux marins de l'eau. Elle avait vu, de loin, le « concert » de Lachésis, et avait décider d'essayer à son tour, loin de ses soeurs pour ne pas se faire déranger. Sauf, bien sûr, qu'elle visait des trucs vivants avec ses cailloux, s'amusant beaucoup à les voirs se faire écraser. Et oui, que voulez-vous, c'était encore le début des Mondes, quand il fallait expérimenter les nouvelles façon de massacrer les trucs pour pouvoir les utiliser plus tard par des voies plus ou moins détournées. Par exemple qui à poignarder quelqu'un la première ? Atropos ? Qui à découper quelqu'un la première ? Atropos ? Trancher une tête ? Arracher un coeur ? Broyer des os ? Et oui, encore et toujours Atropos ! Le premier objet coupant, ce furent ses Ciseaux. Et à partir de ces lames, toutes les armes tranchantes qui furent. D'ailleurs quand un mortel imaginera quelque chose qu'elle n'aura pas imaginé d'abord, elle lui piquera l'idée et le fera avant lui, la fourbe !

Mais nous n'en sommes pas encore là. Les mortels n'inventent pas des trucs, en ce moment ils sont inventés. D'où les références à Atropos, ses oreilles qui sifflent un peu, et le fait qu'elle en tende un peu une dans cette direction. Tout cela ne l'intéressait pas encore vraiment... Mais une chose retint son attention au moment où elle allait laisser tomber un rocher de la taille d'une mégalopole : la musique... C'était beau... C'était Lachésis, forcément. Elle balança son cailloux sur une colonie de trucs-machins marins – pas le temps de voir ou de connaître ce qu'elle écrabouillait, le fait de savoir qu'elle écrabouillait quelque chose suffisait – et se transporta d'une pensée au près de sa fratrie moiresque. Oh, elle aurait pu voler jusque là, où traverser l'eau en diagonale jusqu'au bon endroit, mais la beauté de la mer environnante était un peu troublée par des ondes et des vagues, allez savoir pourquoi ! Jolie, cette eau, mais ça se troublait franchement pour un rien... Une petite pierre de rien du tout et ça fait un ou deux tsunamis...

Toujours est-il qu'elle fit « pop » en apparaissant aux côtés de ses soeurs et de leur masse de chaire plus ou moins finie. Elle n'y prêta pas attention, et regarda plutôt Lachésis qui jouait de la musique sur un étrange objet... Une « lyre », lit-elle dans son esprit. Et remarqua, du coup, ses mains. Beaucoup plus pratique que ce qu'elles avaient avant. Elle réfléchit aux centaines d'usages qu'elle pourrait en faire, découvrant que certains avaient été només par ses soeurettes chéries – « strangulation », quel beau mot ! – se dotant dans la foulée des dits attributs. Tandis qu'elle dépliait ses doigts agiles capables de manier tant et tant d'instrument de mort, elle écoutait toujours la musique que créait sa soeur la plus insuportable.

« Ce sont les plus beaux sons que tu as jamais créés, Lachésis... Félicitation. »

Atropos n'était pas prodigue en compliments et n'en faisait jamais d'injustifiés. Elle vit aussi, en passant, que son visage et celui des deux autres étaient gravés dans le bois enchanté, ce qui, couplé à la musique, lui tira un de ses rares sourires. Elle resta un moment à écouter la mélodie, puis, percevant les pensées résiduelles de ses soeurs, sentit sa curiosité s'enflammée pour leur autre création du jour, vers laquelle elle se tourna... Elle l'examina longuement... Pas qu'avec ses yeux, bien entendu, même si elle les utilisa dans un premier temps.

« Mmmh... Intéressant... Jolie. Agile. Avec de très belles... hum... mains, n'est-ce pas ? Assez fragile pour trouver plein de moyen de mettre fin à ses jours... »

Ensuite, elle passa à l'intérieur, nota tous les trucs qui pourraient casser très facilement au moindre petit choc qu'elle se ferait une joie de provoquer.

« Ah ! Vous l'avez dotée de parole ! Une... « artiste » ? Pour tenir compagnie à Lachésis quand elle fera de la musique en tout genre ? »

Enfin, l'intérieur, voir ses instincts, ses mécanismes de réflexe, son cerveau ainsi que... quelque chose de nouveau, encore une fois... Pour leur créations-jouets...

« Et... Oh ! Vous l'avez dotée de pensée. De... hum... sentiments ! Parfait, parfait ! Je vois déjà se dessiner... La... voyons... La peur. La peur de la Fin et de la Mort. L'angoisse... Et d'autres choses confuses. Magnifique, vraiment. Bravo. »

Tout en effectuant son analyse complète, la Moire, sérieuse comme... heu... ben la Mort en fait, avait tournée autour du futur être d'exeption.

« Mais si elle a pensée, conscience, émotions et parole, il lui faut donc... Un nom. »

L'idée était lancée, lourde de sens. Cette créature serait vraiment hors du commun. Mais Atropos ne trouverait pas le nom, bien sûr. Ce n'était pas son genre de truc. Aussi tourna-t-elle son attention vers les deux autres...
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Message par Clotho le Mer 4 Nov - 12:17

- Pandore.

Le nom était sorti tout seul de la bouche de Clotho, comme animé d’une vie propre. Elle se tut un instant, presque surprise, comme pour en écouter l’écho. Lachésis cessa de jouer pour écouter avec elle, attentivement, les sonorités qui rebondissaient dans leur imagination. Pandore. C’était un nom de mystère, un nom plein de recoins secrets, de choses cachées. C’était presque un monde à lui tout seul, un monde contenu dans deux petites syllabes ; un monde nouveau, neuf, une création pure et vierge de toute influence extérieur.

Lachésis commença à se murmurer le nom à elle-même, cherchant soigneusement la meilleure façon de le prononcer et d’en faire ressortir tous les reliefs ; la harpe abandonnée au bout de son bras ballant. Clotho sentit un sourire se répandre sur ses lèvres, prendre possession de son visage d’empreint dans le silence presque complet qui régnait sur Atlantide. Pandore ! Leur toute première créature pensante. Elle était encore là, debout, immobile et inutile ; il lui manquait un souffle de vie. Et il n’y avait qu’une seul entité qui pouvait le lui procurer, à travers tout l’univers, ou tous les univers, c’était Clotho. Elle avait un nom à présent, des mains, un cœur, la pensée, la peur, la haine et même l’amour ; il était temps.

La Moire s’approcha doucement de leur création, sous le regard attentif de ses deux sœurs. Elles savaient toutes trois que ce moment ne se reproduirait plus jamais, nulle part ; le moment où serait insufflé la vie à la toute première… humaine. Elle semblait vivante, pourtant. Clotho sentait, derrière les paupières clauses qu’elle avait eu tant de mal à mettre au point avec Lachésis, une multitude de pensées de sentiments à la limite de l’incohérence, qui ne demandait qu’à se mettre en marche. Elle approcha son visage de celle de la créature, pour la regarder bien en face. Presque tendrement, elle élança sa main vers elle et posa un doigt sur son front, un de ces merveilleux doigts dont sa petite sœur avait eu l’idée.

- Pandore, répéta-t-elle avec solennité.

Et le fils se déroula, comme une pelote de laine lâchée du haut d’une falaise. En quelques secondes, des milliers d’événements extraordinaires eurent lieu. Le cœur de Pandore, après quelques ratés, commença à battre ; son sang écarlate fut propulsé dans ses veines, gorgé de vie et de chaleur. Ses poumons hésitèrent, suffoquèrent puis finirent par comprendre et se gonfler d’un air providentiel. Puis, une fois que les organes vitaux étaient en marche, le cerveau s’alluma à son tour. Dans les milliards de connections neuronales de l’humaine, de la Première Humaine, des centaines de messages chaotiques commencèrent à circuler. Et, comme l’avait presque prédit Atropos, sa première réaction fut la peur.

Pandore, la Première Humaine, naquit à l’aide d’un corps qui semblait déjà avoir presque une vingtaine d’années, dans un monde totalement inconnu, avec un instinct encore balbutiant et quasiment atrophié. Et la toute première chose que ses yeux virent, ces splendides outils que lui avaient offert les deux Moires, ce fut Clotho, sa créatrice. Derrière, Lachésis se tenait debout, une lyre à la main, sans rien dire ; préférant sans doute écouter la musique fascinante du silence solennel de l’instant. Et Atropos, bien sur, observait sans un mot, comme à son habitude.

L’humaine resta debout durant un total d’environ six secondes. Puis elle s’écroula à terre comme un sac, incapable de tenir debout sans jamais avoir appris à marcher. L’apprentissage ! Voilà que Clotho, sans même le faire exprès, l’avait doté de cette capacité… Si cela s’avérait pour le moment un ridicule point faible, la nécessiter d’apprendre avant de savoir marcher, la Moire y pressentait un grand potentiel. Pandore se mit ensuite à tousser, comme si elle allait cracher ses poumons tout neufs sur le sol en marbre blanc du théâtre. Enfin, elle commença à pousser une sorte de hurlement informulé. Vague, d’abord, le cri pris ensuite de l’ampleur. C’était comme les pleurs d’un bébé à la naissance, mais dans la bouche et le corps d’une nouveau-née déjà adulte. En clair, c’était une chose très étrange et plutôt désagréable à l’oreille.

La solennité de l’instant était brisée, en mille petits morceaux épars. Les trois Moires fixaient leur création. Si elles avaient pu l’être, elles auraient été interloquées ; mais ce sentiment leur était inconnu, et elles se contentaient de cet intérêt fanatique qu’elles avaient pour la plupart de leur création, observant sans en perdre une miette la petite Pandore venir à la vie.


Dernière édition par Clotho le Mer 4 Nov - 18:06, édité 1 fois

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Message par Lachésis le Mer 4 Nov - 14:12

Lachésis était très flattée par les compliments d’Atropos – il faut dire que ce n’était pas souvent – mais pour l’instant, elle n’y pensait pas…Elle avait autre chose en tête. La créature, l’humaine. Elle avait un nom. Pandore.

Pandore. Le mot passait et repassait dans les lèvres de Lachésis. Pandore. Pandore. Pandore ! Le moment solennel semblait comme suspendu dans le temps, même le murmure de l’eau s’était tu. Pandore. Lachésis se sentit remplie d’amour pour leur création, pour Pandore, elle était prête à tout lui donner, mais pas tout de suite. Pour le moment, c’était à Clotho de donner.

Et elle donna. La vie passa dans le corps de Pandore comme une cascade, tandis que Lachésis se sentait parcourue de frissons. La vie. La vie parcourait Pandore, et en un instant, tout fut réveillé. Pandore était vivante. Et elle hurlait. Et elle tombait. Et elle pleurait. Pandore, à peine six seconde de vie qu’elle avait déjà vingt ans. Les trois sœurs continuait à l’observer quand Lachésis prit conscience du rôle qu’elle devrait jouer. L’apprentissage. Elle avait pêché ça dans la tête de Clotho. L’apprentissage. Fixant ses deux sœurs, elle lut dans leur regard leur accord.

Elle s’agenouilla près de Pandore, et tout en gazouillant d’une voix angélique (ce qui fit pouffer ses soeurs), lui caressa les cheveux, et tout en continuant de gazouiller, la releva. L’humaine s’accrochait à elle en pleurant, mais Lachésis ne la laissa pas tomber. Le fil de la vie de Pandore s’enroulait autour du rouet tandis qu’elle faisait ses premiers pas, appuyée en pleurant sur l’épaule de Lachésis. Peu à peu, elle comprenait les mouvements, ses muscles étaient déjà formés, et Lachésis lui avait administré une vague de force et de compréhension. Marcher ne fut pas difficile au bout de quelques instants. Alors Lachésis la lâcha.

Pandore marchait ! Pandore trébuchait, Pandore titubait, Pandore tombait et remontait tant bien que mal sur ses jambes toutes neuves. Pandore souriait, ses boucles brunes encadrant son visage angélique. Pandore s’assit par terre, au beau milieu du théâtre, attendant la suite de la leçon. Lachésis sourit, puis, la regardant dans les yeux prononça :

« - Pan-do-re »

Elle lui signifia en un regard qu’elle voulait qu’elle répete. Pandore émit un petit son :

« - Pado ! »

Lachésis répéta, et transmit à Pandore une image d’elle même tout en répétant. Pandore fini par se taper le torse en hurlant :

« - PADORE !!! »

Lachésis continua ainsi, transmettant des images et puis prononçant les mots correspondants. Lorsque Pandore fut assez douée pour cet exercice, elle versa l’ensemble de son vocabulaire dans la tête de Pandore, qui savait à présent comment l’utiliser.

Pandore parlait ! Pandore prononçait des mots, formait des phrases, Pandore les regardait en souriant et leur parlait ! Les Moires étaient aux anges. Lachésis tenta alors une dernière expérience. Elle prit la lyre qu’elle avait laissé par terre, et, tout en transmettant à Pandore le principe de la musique, joua quelque notes. Ca ne rata pas, Pandore réclama la lyre. Lachésis lui montra comment jouer, puis lui laissa l’instrument.

Et Pandore joua.

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Message par Atropos le Mer 4 Nov - 23:08

« Pandore »...

Clotho avait laché ce nom quand le regard d'Atropos c'était tourné vers elle, et la Moire de la Mort avait aimé les sonorités de ce nom. Oui... Pandore, ce serait très bien, pour cette créature exceptionnelle et, pour le moment tout du moins, absolument unique. Les échos résonnèrent un moment dans le silence de la bulle d'air qu'était Atlantis, car même Lachéris avait cessé de jouer de sa lyre toute neuve pour l'écouter, et l'Implacalbe en savoura les sonnorités. Elle pouvait sentir la puissance de se mot unique car, pour la première fois, quelque chose qui n'était pas l'une d'elle Trois reçevait un nom pour elle-même. Et elle su qu'il n'y aurait aucune autre Pandore, jamais. Sauf revirement de sa part, mais cela l'étonnerait fortement. Quand les échos moururent, les murmures de la musicienne de la famille prirent le relais de façon fort harmonieuse. Un mot magnifique, définitivement. Même elle était charmée, et pourtant généralement elle restait froide devant ce qui enflammait ses soeurs, comme ça avait été le cas pour le jeu de carte.

Mais, déjà, Clotho s'approchait de celle qu'elle avait nomée Pandore. Pour la même raison qu'elle avait trouvé le nom, justement. Parce qu'elle était la Moire créatrice, la Moire Fileuse. C'était à elle d'insufler la vie, la vie de cette première créature consciente. Tout comme ce serait à elle, Atropos, la Moire de la Fin, de lui reprendre par la mort. Ce serait presque dommage, mais, une fois le plan établit, elles recréraient bien des milliers de ces... « humains », puisque tel semblait être le mot, pour jouer avec. Elles se souviendraient longtemps, toutefois, de celle-ci. Les réflexions de la jeune femme – tout est relatif, hein – furent occulté par la solanélité sans limites de l'instant.

« Pandore. »

Et la vie fût mis en marche. Le fil introduit sur le métier, un fil plus éclatant qu'aucun de ceux qui avait jamais été tissé jusqu'ici. Alors la vie prit son nouveau sujet – pour le temps qu'elle, Atropos, voudrait bien la laisser sous sa domination – et Pandore ouvrit les yeux. Même si elle était intéressée, notre « héroïne » était plus fascinée par la façon dont on pourrait mettre fin à chacune des fonctions vitales de l'humaine que par leur existance propre, qui aurait mérité plus d'intérêt. Comme ses soeurs étaient là, ce n'était pas bien grave, car elles le donnait à sa place. La Moire de la Mort avait toujours été la plus calme et la plus sérieuse du groupe, la plupart du temps, et un peu la trouble fête, mais ici, maintenant, elle s'accordait parfaitement aux autres quand à la puissance de cet instant qui n'aurait pas de pareille dans la trâme du temps. La Première. Pandore. Fassonnée par les maîtresses des Mondes, animée directement par elles. Et à l'âge adulte, qui plus est, pas question d'attendre qu'elle grandisse !

Quant à sa première réaction, en les voyant penchés sur elle, ce fût la peur. Comme il avait été dit. Le propre des êtres conscients serait la peur, elle le sentait, la peur diffuse d'elle, de la Fin qu'elle maniait, et qui permettrait aux mortels d'avancer encore et toujours. Car toutes leurs créations seraient « mortelles », dans l'absolut. Seul ses soeurs étaient hors de son pouvoir, ce qui était sans doutes mieux. Si les elles avaient pensé qu'elles pourraient le regretter un jour, un peu plus tôt, cela n'effleura par contre même pas Atropos. Elle avait toujours été et serait toujours. C'était très bien comme cela. Aucune raison que ça change. Pendant qu'elles déviait encore un peu du moment présent, comme souvent – bien qu'elle ne perde jamais totalement conscience avec la réalité – Lachésis rassurait Pandore avec une méthode qui tira un autre sourire à la Moire. Elle souriait beaucoup, ces derniers temps, pas à dire...

Ce fût suivit de la phase « apprentissage », encore une autre idée de Clotho. Après une courte réflexion, Atropos convint avec elle-même que c'était une bonne idée. D'une façon générale, elle essayait d'oublier toutes les mauvaises idées de sa soeur – sauf celle du jeu de carte, mais c'est une histoire un peu longue pour la raconter ici – et de ce souvenir des bonne, ça l'aidait à apprécier la jeune femme. Niveau apprentissage, celui du nom fût sans doutes le plus touchant, suivit de beaucoup d'autres... Elle lui plaisait définitivement bien, la petite Pandore. Pas que ça l'empêche de l'envoyer... Heu... Ben dans la mort, quand viendrait le temps. L'Humaine, souriante, parlait à celle dont elle était la sujette en tous points et sous tous les angles, qu'elle en ait conscience ou pas. Elle avait oubliée la peur et connaissait maintenant la confiance. Mais bien sûr, elle, contrairement à tous ceux qui viendraient, n'avait pas un cycle de décès devant elle pour lui rappeler continuellement qu'un jour son tour viendrait aussi.

Et puis Lachésis donna son instrument à Pandore, lui montrant comment s'en servir... Et Pandore Joua. Ca méritait bien une majuscule. Si elle était plus ou moins douée que sa soeur, cela Atropos n'aurait pu le dire. Pour une fois elle n'avait pas de commentaires. C'était beau... Et une création originale. Pour la première fois, un mortel créait. Véritablement. Pas juste par hasard ou par instinct, elle créait comme créaient les Moires, par amour de la création. Et les Moires la regardait faire, fascinées... Ou, en tous cas, une d'entre elles au moins l'était. La musique dura longtemps. Différente de celle de Lachésis mais sur un pied d'égalité avec elle, de l'avis d'une des trois plus grandes spécialistes des Mondes.

« Joli... »

Sa voix était froide, bien sûr. Glaciale, même, comme un blizzard au coeur du plus froid des hivers, comme le Néant loin de toute lumière. C'était un mot, juste un mot, mais il fit taire la musique. La fit... Mourir... Que mot passionnant... Et Atropos sourit.

« Tu es donc capable de marcher. De parler. De créer... Mais surtout... »

En flottant, comme souvent, par flemme d'utiliser ses jambes, elle s'était approcher de Pandore et se mit à tourner lentement autour d'elle, comme elle aimait le faire lorsqu'elle analysait quelque chose.

« Surtout tu es capable d'apprendre... »

Ce mot-là roula sur sa langue, fût savouré, chanta un instant dans l'air, prononcé à voix haute pour la toute première fois.

« Que de possibiliter... Que de voies différentes... Et donc de fins multiples... Merveilleuse ! Tu es tout simplement merveilleuse ! »

Ses mains décrivaient des arabesques dans les airs tandis qu'elle parlait et, cette fois, l'Humaine lui rendit son sourire.

« Un moteur, les sentiments. Des appendices, les membres et l'esprits... Et un outil au-delà des autres... L'apprentissage... Parfait. Parfait... »

Parlait-elle à elle-même ? A Pandore ? A ses soeurs ? Difficile à dire, voir peut-être même impossible. Elle décortiquait son nouveau centre d'intérêt, comme toujours.

« Le moteur devra être alimenté, mais ce n'est pas un problème... Nous avons déjà vu tous les leviers les plus puissants à l'oeuvre et ils son facilement utilisable... Donc... »

Un dernier tour, plus lent. Ses mains étaient revenues le long de son corps et son visage terriblement beau – comme ceux de ses soeurs et même celui de la mortelle – était magnifié par sa perfection glaciale et concentrée.

« Il reste une question... Quel moyen vais-je choisir pour tuer un être aussi exceptionnel que toi ? »
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Message par Clotho le Ven 6 Nov - 16:36

Et voilà qu’Atropos voulait déjà tuer leur plus grande œuvre, qu’elle voulait la détruire, l’annihiler, la rayer d’Atlantide. C’était hors de question. Hors de question ! Pandore ne devait pas mourir. Clotho ne pouvait pas s’y résoudre. C’était beaucoup trop lui demander. Et puis, il y avait tant de chose à faire avant le jour de sa mort. Par exemple, il fallait lui créer une moitié masculine ; puisque l’humain était une espèce à deux sexes. Assurément. Et puis fabriquer plein d’autres femmes pour que l’espèce commence à s’établir, et leur apprendre beaucoup d’autres techniques pour survivre au fond de l’océan. Et surtout, organiser quelque chose, quelque chose avec plusieurs humains qui chanteraient en rythme, à l’intérieur du théâtre.

- Atropos… grinça-t-elle. Je ne te laisserais pas faire. Tu ne toucheras pas à ma Pandore. Il est hors de question, tu m’entends, hors de question que tu le tue avant même qu’elle n’ai véritablement commencé à vivre !

Et elle se jeta comme dans la création du prototype masculin de l’humain, à corps perdu. Elle modela un corps sensiblement identique, avant d’apporter quelques modifications. Par exemple, les hanches n’avaient pas besoin d’être aussi larges, puisque l’’’homme’’ ne porterait jamais de petit humain dans son ventre. Elle agrandi un peu la carrure pour lui apporter un peu plus de force physique, parce qu’il fallait bien que toute cette énergie qui ne servait pas à fabriquer des enfants serve à quelque chose. Finalement, ce qu’elle était en train de fabriquer ne servait pas à grand-chose. Elle se sentait un peu déçue.

- Lachésis… Je trouve cette chose inutile.

Elle tourna les yeux vers sa sœur, interrogative. Lachésis avait toujours les réponses qu’il fallait, quand la Moire doutait d’une de ses créatures. Puis elle se tourna vers son autre sœur, les yeux brûlants d’une rage créative insatiable et de… de… d’instinct maternelle. Il fallait se l’avouer, Clotho était prisonnière de ce qu’elle venait d’inventer pour sa Pandore : l’instinct maternelle. Elle était immodérément attachée à la petite humaine ; qui était présentement occupée à regarder les Moires se disputer à son sujet avec de grands yeux angéliques, à absorber tout ce qu’elle pouvait, à apprendre. C’était tellement… Attendrissant. Adorable. Mignon…

- Et toi, commença-t-elle à l’adresse de la Moire de la Mort, toi, ne t’avise pas de tuer un seul humain avant que je n’ai fini de fabriquer cette chose, et tous ses frères et sœurs ! Si tu ose réduire à néant tout mon travail, si tu ose encore faire ça… Le temps seul pourra imaginer comment je me vengerais.

Et de ce fait, Clotho, malgré les apparences, était la Moire qui avait le plus de pouvoir. Elle seule pouvait faire en sorte de détrôner les Moires. Elle seule avait le pouvoir de leur faire perdre leur pouvoir. Et Atropos aurait mieux fait de se méfier. Parce que dans l’esprit conceptuel de Clotho, des tas d’idées qu’elle n’aurait pas forcement appréciée bouillonnaient sans arrêts.

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Message par Lachésis le Sam 7 Nov - 13:28

Lachésis n’en croyait pas ses yeux. Pendant un instant, elle ne comprenait plus aucune de ses sœurs. Cette haine qui s’était emparée de Clotho…Et cette idée saugrenue qu’avait eue Atropos de mettre fins aux jours de cette délicieuse et nouvelle créature…Enfin ! Déjà c’était assez dangereux pour son intérêt personnel, en plus c’était tout simplement barbare, elle était tellement touchante ! Pandore…Atropos ne pouvait pas faire ça, et elle le savait. Alors pourquoi provoquer ainsi Clotho ? En se faisant ces réflexions, elle se rendit compte que ça la choquait aussi, que ça lui trouait aussi le cœur, que ça la brisait, imaginer ce corps sans vie…Ça la mettait hors d’elle. Alors elle compris quand Clotho se réfugia dans la création. Lachésis fusilla Atropos des yeux. Et regarda la création de sa grande sœur. Lorsque celle-ci l’appela à l’aide, elle réagit. Et tandis que Clotho semblait prête à déchiqueter Atropos, elle regarda…L’homme. C’est vrai qu’il n’était pas très beau, c’est vrai qu’il n’avait pas l’air très utile. Mais en regardant Pandore évoluer dans le théâtre, elle se rendit compte de son potentiel. Elle murmura alors, en réponse à sa sœur qui était déjà passée en mode « découpage de soeurette » :

« - Oh si. Tout ce que tu crée sert à quelque chose, je le sais. Pour ce qui est de cet homme, on lui trouvera quelque chose à faire, j’ai déjà une idée. Il va servir à quelque chose de capital.Pas à lui seul. Mais Pandore et lui formeront une chose merveilleuse, qui inspirera plus d’un musicien. »

Elle développa son idée. Lui donnant des contours, des formes. Lui donnant un sens. Elle fabriquait cette idée, ce concept comme elles avaient créé Pandore, avec attention, merveille. Elle sentait ses sœurs comprendre et améliorer l’idée (même si Atropos rechignait un peu, malgré le potentiel meurtrier de la chose). Et lorsque le concept fut prêt, encore une fois, le pouvoir des mots, Lachésis le prononça :

« - L’amour. »

Oui ! tout était là ! Ils étaient deux, ils étaient seuls, ils étaient purs, pages blanches. Il manquait l’étincelle. Il manquait le regard, et c’est à ça que servirai l’homme. À créer le regard. Évidemment, on lui trouverait sans doute une autre utilité, plus tard, mais voici la première. Le regard d’une toute nouvelle forme d’amour, différent de l’amour maternel, aussi destructeur, mais foncièrement différent. Voilà à quoi servirait l’homme, à la plus belle distraction du moment. Elle regarda Pandore en se demandant si sa nouvelle invention allait lui faire du mal, ou du bien. Elle lui caressa les cheveux tendrement, prit la lyre et chanta l’amour. Elle se rendit compte alors que cet amour-là, entre ces deux êtres allait nourrir tous les amours du monde, dans tous les sens, les amours de mères pour enfant, d’enfant pour mère, de femme à femme, d’homme à homme, d’humain au soleil…toutes les passions allaient naître de celles de ces deux êtres. Pandore le comprit sans s’en rendre compte, alors Lachésis lui rendit la lyre, et Pandore joua les amours à venir. Puis sa voix s’éleva dans les cieux, claire et pure, belle est passionnée.

Lachésis, en entendant cette voix, prit une décision, qui la remplissait de joie tout en lui brisant le cœur. Elle murmura alors :

« - Pandore, cet amour, c’est le tien. Et je te donne la lyre. »

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Message par Atropos le Sam 7 Nov - 15:58

D'abord Clotho, puis Lachésis, avaient eu un regard, quand ce n'étaient pas des paroles, chargé de colère à son encontre, devant cette question qu'elle avait posée, plus à elle-même qu'a quelqu'un d'autre. Oh, n'importe qui d'autre aurait été pétrifiée devant cette double rage, et comme ce « n'importe qui d'autre » aurait forcément été mortel, il serait probablement mort d'une crise cardiaque. Pas elle. Déjà, parce qu'elle ne pouvait pas mourir d'une crise cardiaque, ou de quoi que ce soit d'autre, d'ailleurs. Elle était une Moire. Immortelle par nature. Et en plus, depuis la création de la première vie, ses soeurs et elles avaient acquis une dimension suplémentaire dans leur immortalité. Imaginez qu'il n'y ait plus de mort. Que la Mort soit... morte ? On pourrait croire que ce serait bien, mais tous ces gens qui meurent de vieillesse, de maladie douloureuses ou de blessures terribles... Vous croyez vraiment qu'ils vous diraient que ce serait bien ? Non, les Trois étaient éternelles parce qu'elles devaient l'être, Vie, Mort et Destinée. Voilà quels auraient pu être leur nom.

Pour en revenir à la situation présente, elle ne fût pas non plus pétrifié. Ou mortifié. Ou même contrite. Ne serait-ce qu'un peu repentante ? Désolée ? Non plus. En fait, elle leur fit un grand sourire, et quand elles se détournèrent toutes les deux vers ce nouveau truc – l'Homme – elle laissa même échapper un petit rire mélodieux et cristalin. Et le rire amusé de la Moire de la Mort, c'était un son tout à fait unique. Magnifique et merveilleux, même s'il retentissait rarement. Ce n'était pas son genre. Mais là... Voir ses soeurs se rebiffer si facilement pour une simple mortelle... Bon, d'accord, pas si simple que ça. Mignonne. Attachante. Et tout et tout. En plus d'être exceptionnelle. Leur réaction était sans doutes compréhensible, mais elle restait terriblement amusante aux yeux de la Dame de la Fin. En plus, elles démontraient qu'elles la connaissait bien mal, malgré tous se temps passé ensemble – plus ou moins sous la contrainte, puisqu'il n'y avait eu rien d'autre qu'elles trois pendant très, très longtemps...

Elle était Atropos. La Mort qui vient, la Coupeuse du Fil, l'Implacable. Bien sûr que Pandore mourrait ! Toute chose avait une fin, à l'exception du Néant et des quatre êtres nés au milieu de lui. Et encore... Mais avait-elle dit qu'elle allait tuer l'Humaine tout de suite ? Non ! Elle avait envie de la voir vivre, de contempler toutes les bêtises qu'elle allait faire, toute la folie potentielle qu'elle sentait latente dans le sang même de cette nouvelle espèce. Elle voulait la voir vivre, oui, et l'entendre jouer. Pourquoi pas chanter ! Elle aurait l'éternité pour entre Lachésis, de toute façon, et elle aimait bien la musique de la petite. Et puis, surtout, il fallait le trouver, ce fameux moyen de la tuer, un moyen exceptonel, qui ferait date dans les anales, aussi remarquable que la « victime » elle-même, ou aussi proche que possible tout du moins ! Une simple pierre ne suffirait pas, une cause naturelle encore moins ! Ses mains seules ne seraient pas un outil adapté et... Et il faudrait donc trouver autre chose.

Mais cette fin viendrait. Et, sans qu'elle sache pourquoi, il lui avait semblé mieux d'être honnête avec Pandore, de le lui dire tout de suite. Il n'y avait pas d'échapatoire, et une partie d'elle, reculée, se pinça de regret à cette pensée. Son corps était mortel, destiné à veillir et à mourir. Pas question de laisser faire le Temps, bien entendu. Non, la Première Humaine mourrait de la main même de la Moire de la Mort. C'était un fait qui pouvait déjà être gravé dans l'Histoire des Mondes, car ce serait. Indubitablement. Mais la Durée avait sa part, bien entendu. Il fallait la laisser s'écouler, comme toujours, c'était indispensable. Pandore, pourrait vivre une belle vie, une vie heureuse. Cela elle y veillerait. Si quiconque ou quoi que ce soit voulait lui faire du mal – à part elle-même – ce « quiconque » serait anihiler. Pas touche. Elle dirait, si on lui demandait, que c'était une chasse gardée, mais la vérité, c'est qu'elle aussi sentait naître se sentiment étrange, cet attachement cet... Il n'y avait pas de mot...

Pas encore... Toutefois, elle sentait Lachésis qui élaborait une idée, si proche de ce qu'elle pensait qu'elle l'aida sans même y penser. Elle jaugea au passage cet « Homme » que sa soeur avait élaboré pendant qu'elle réfléchissait, le sourire au lèvre, franchement critique. Le nouveau concept qui naissait lui plaisait bien, mais cette... chose... Elle ne le trouvait pas vraiment nécéssaire. L'affection entre femme aurait très bien pu se dévelloper, et au diable cette « reproduction sexuée » à laquelle tenait tant ses soeurs ! Elle, elle disait depuis toujours que le « mâle » était une idée pourrie. Franchement, si on avait fait une reproduction entre femelle, comme elle l'avait proposé... Mais bon, c'était pas elle qui créait, et Clotho avait choisit d'introduire les deux, et d'en doter les Humains. Là, avec cette nouvelle idée de la Moire de la Destinée, le mâle trouvait pour la toute, toute première fois, un tout petit peu grâce à ses yeux...

« L’amour. »

C'était Lachésis, bien sûr, qui avait prononcé le mot. Tout de suite, il prit place dans la tapisserie, s'y intégra comme aucun autre avant lui. Mieux que la Mort, mieux que la Fin. Un mot que toute chose connaîtrait. Même les Moires. Même elle. Atropos le sentait, cette affection qu'elles éprouvaient pour Pandore faisait aussi partie de cet « amour ». Et elle en eût confirmation dans la musique de sa soeur, qui disait tous les amours qui étaient. Qui prennaient tous leur eau à la même source. Pandore, et cet « homme » à venir. Pandore, surtout, aux yeux de la Moire. Pandore qui prit à son tour la Lyre et qui chanta les amours à venir, tous les amours à venir. Et ce chant était beau ! Elle aurait pu l'écouter jusqu'à la Fin des Temps. Au final, elle aussi elle s'attachait à cette petite, même si toute sa raion – et sa raison était grande – lui criait que c'était un acte déraisonné. Lourd de bien des conséquences pour le Monde, pour les Mondes et pour toute leur Histoire. Mais l'Amour à ses raisons, que la Raison ignore, comme disait le Poète...

« Pandore, cet amour, c’est le tien. Et je te donne la lyre. »

Ce n'était qu'un murmure de sa soeur, mais elle l'entendit parfaitement, bien qu'il ne lui semblait pas destiné. Et elle ne pû qu'approuver. A cet instint, un éclair se fit dans son esprit. Voilà ! Il fallait fabriquer un instrument. Un instrument de mort, certes, mais un instrument tout de même. Une... une... une... Une Lame ! Bon, il ne fallait pas encore lui demander ce que ce serait exactement, mais ce serait une Lame. La Lame. The Lame. Voilà tout. En attendant, il était temps pour elle de parler, et de mettre les choses au point.

« Magnifique... Magnifique cet « amour »... Le mâle va enfin servir à quelque chose ! Même si bon... Hum... »

Ne pas dévier sur ce genre de débat, sinon Pandore aurait le temps de mourir de veillesse d'ici à ce que ses soeurs et elle aient fini...

« Et ce chant... C'était inqualifiable. Tu es vraiment un être sans pareille, et tu n'auras pas ta pareille dans toutes les créations futures, tout comme aucune création passée ne peut t'égaler... »

Ses paroles étaient lourdes de sens. Plus que prophétique, elles étaient l'affirmation d'un fait, pur et simple fait. Ainsi était souvent Atropos.

« Soit, tu auras longue et heureuse vie. J'y veillerais. Nous y veillerons. Avec un compagnon, des enfants et... sans doutes des... hum... Voisins ? Oui, c'est cela... »

Ben quoi ? A deux pour peupler une aussi grande cité, ils auraient eût intérêt à être productif... Et puis il y avait le problème de l'inceste et celui de la consanguinité... Quoi, comment ça c'est deux mots qu'elle venait d'inventer ? Et alors ! Pas question que plus d'une personne – et encore – touche à s... leur Pandore !

« Toutefois... Tout ce qui fût créer doit vivre... Et puis mourir... »

Elle avait désigné sucessivement ses deux soeurs, Clotho puis Lachésis, avant de laisser retomber sa main, comme sans force. Un bref instant, elle laissa voir une faiblesse sentimental, mais ce ne fût qu'un bref instant. N'était elle pas l'Implacable Atropos !

« Ta vie aura donc une terme, comme toutes les autres. Je n'ais jamais dit que j'aillais te tuer maintenant... Mais un jour, oui. Et pour cela, il me faut trouver un moyen à ta hauteur... J'ai quelques idées, mais je cherche encore... »

Et si tu ne trouvais pas ? Petite vois insidieuse qu'elle repoussa aussi tôt, qu'elle détruit, anihila. La Moire de la Mort ne fait pas dans le sentimental. Tout le monde meurt toujours. Point barre. Pas d'exception, même pas cette créature si attachante, si craquante, si mignonne et si... tellement de choses... Même pas elle...
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Message par Clotho le Ven 20 Nov - 2:07

Les fils du destin de Pandore filaient, étincelants, dans les trois esprits presque mêlés des Moires. Le futur de la Première Humaine et de son alter-ego masculin, de leur amour à venir et de tout un peuple, se traçait, grandes lignes de fumée tremblotantes mais plus solides que le marbre qui les entourait. Mais Clotho n’y prenait pas part. Son travail se limitait à concevoir et insuffler la Vie : à créer. Elle se sentait dévorée, vampirisée par ce besoin qui grondait en elle ; tel un monstre qui la déchirait de ses griffes acérées pour mieux laisser le passage à l’Art, à la Création. Elle s’avança vers l’Homme, de qui elle s’était écartée pour mieux l’embrasser du regard, et décida qu’il était achevé.

Des boucles souples et relativement courtes, comme de souples parenthèses d’encre de chine, entouraient son visage étrangement différent de celui de Pandore. Il y avait quelque chose, peut être dans la mâchoire, dans les sourcils ou dans les pommettes, qui les rendaient impossibles à confondre malgré qu’ils aient tout les deux une bouche, deux yeux et un nez, à la même place. Clotho profita que Pandore ai le dos tourné et soit concentrée sur sa lyre pour modifier un ou deux détails dans sa composition chimique. Un soupçon d’hormones, une pincée d’instincts plus appuyés, un ou deux nerfs à rectifier. Elle fit de même dans le corps inanimé de l’humain. Ainsi, l’amour serait aussi physique, et la passion bien plus puissante et plus dévastatrice encore.

Il ne manquait plus qu’un nom pour l’Homme, et elle pourrait lui insuffler la Vie. C’était un acte à la fois douloureux, très douloureux et profondément libérateur et merveilleux. Un nom… Elle rajouta encore un peu d’impulsivité, pour le rendre plus amusant à observer. A force d’en mettre autant, il allait finir par agir sans réfléchir, comme ça, par réaction brutale et instinctive. Cela contrasterait un peu avec le caractère doux de sa compagne, transformerait leurs relations en quelque chose de mouvementé et plein de rebondissement. L’Homme agirait et réfléchirait ensuite – peut être pas tous, mais au moins le Premier. ‘’Qui réfléchit après coup’’… Epiméthée. Elle posa délicatement son index sur son front, juste à côté d’une boucle d’ébène un peu plus longue que les autres.

- Epiméthée, déclara-t-elle d’une voix à la fois solennelle et moqueuse (miracle moiresque).

Et le premier homme vint à la vie. Clotho laissa négligemment Lachésis s’en charger et lui tourna le dos, au sens propre. Elle réfléchissait à un moyen de leur produire des frères et sœurs suffisamment identiques et différents à la fois, rapidement et en quantité suffisante pour assurer le démarrage et la survie de l’espèce sans consanguinité. Tout d’abord, il fallait se débarrasser du ‘’baptême’’, cela prendrait trop de temps s’il fallait leur inventer un nom à chacun. Elle créa une bonne centaine de tas de chair qu’elle se mit en devoir de modeler de façon à peu près identique, mais pas trop.

Puis, soudain, elle eu une idée. Elle fabriqua une chose minuscule, microscopique, sur laquelle elle assembla une suite de symboles, quatre symboles pas plus hauts qu’une molécule de taille respectable. Elle mit au point un code, inventa l’écriture au passage et réfléchit longuement au moyen de rendre le code déchiffrable pour les corps des humains. Enfin, elle y parvint, suite à de nombreuses étapes très complexes, et d’autant plus en raison de leur taille miniature. Elle rédigea, sur une bande aussi fine qu’immense en longueur, le descriptif extrêmement précis du troisième humain. Puis, elle l’inséra dans une grosse cellule et l’observa se multiplier. Cela marchait ! L’être se fabriquait tout seul !

Elle reprit la première bande d’ADN en arrachant une cellule au bébé dont les doigts commençaient à peine à se séparer et la relue en détails en regardant quelles phrases elle pouvait changer pour créer un nouvel humain suffisamment différent des premiers. Elle avait presque fini quand elle s’aperçue que l’humain mal terminé n’arrivait pas à se développer correctement en dehors de la petite poche qu’elle avait mis dans le ventre de Pandore. Elle empoigna une brassé de chaire et lui en fabriqua une dépourvu d’humaine autours. Elle en fit plusieurs autres, pour mettre ses futures créations dedant. Plus rien ne s’opposait à la création de l’Espèce Humaine.

Clotho créa d’arrache pied, comme une folle, pendant de longs moments, sans interruption. Elle écrivait, écrivait inlassablement des brins d’ADN interminables. Elle fit des cheveux frisés, des cheveux raides ; des petits, des grands, des tordus, des maigres, des ronds, des carrés, des triangles ; des yeux bleus, des yeux verts et des yeux noirs ; des beaux, des moins beaux et des carrément laids ; des parfaits, des moins parfait et des carrément ratés. Mais ils avaient tous leur charme, leurs qualités, leurs défauts. Et surtout, ils étaient tous humains. Chacun d’entre eux était un petit miracle, un miracle d’origine moiresque.

Lachésis s’occupait patiemment de chacun d’entre eux, dé sa sortie de l’utérus sans mère. Clotho les surveillait, parfois, pour vérifier ce qui marchait et ce qui marchait moins bien. Mais elle était trop absorbée par sa tâche surhumaine (ça tombait bien, elle était effectivement surhumaine) pour suivre leur apprentissage et leurs histoires avec une réelle et continue attention. Elle laissa ses deux sœurs faire les expériences qui pouvaient leur passer par la tête avec ses créations.

Au bout d’un certain temps, un très long moment, Clotho inséra le dernier génome dans la dernière cellule-œuf dans le denier utérus externe. Elle s’étira à la façon d’une Moire, c'est-à-dire qu’elle explosa en une pluie d’étincelles qui se dissipèrent rapidement en douce fumée diaphane ; avant de redevenir après quelque minutes pleines de volupté cette femme étrange aux cheveux laissés dans l’abandon le plus total et aux vêtements savamment déchirés. Alors, elle se posa doucement aux côté de Pandore. Elle voulait savoir ce qu’elle était devenue, sa Première Humaine, elle qui n'avait pas d'ADN, pendant qu’elle lui fabriquait un peuple. Lachésis s’approcha d’elle.

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Message par Lachésis le Sam 21 Nov - 13:35

Clotho avait été infatigable. Déjà bien longtemps qu’elle travaillait, inlassable, à donner un peuple à Pandore, ses soeurs ne comptaient plus les années passées à la voir à la tâche, toujours. Invisible, mais toujours là. Toujours là pour cette bande d’humain. Pour Pandore. Et pour son alter ego masculin. Elle ne s’était pas accordé un instant de repos. Elle avait tissé chaque fil dans l’organisme de chaque humain, avec ferveur, avec fièvre presque. Lachésis était fière, et admirative. Fière d’être apparentée à ce tourbillon de force et de dynamisme, à la puissance créatrice même, fière d’être de la sœur pour qui son admiration, en ce moment, était à son apogée.

Il ne faut pas croire pourtant que Lachésis ne faisait qu’observer la force de la nature qu’était sa sœur. Elle avait relevé chaque humain, avait pris dans ses bras chaque humain avait enseigné chaque chose à chaque humain. Les créations de Clotho, mais aussi quelques concepts qui s’étaient glissé dans les agissement des nourrissons qu’ils étaient. La liberté, la différence, la tolérance. Elle s’était intéressé à chacun d’eux, gravant dans leurs yeux aux milliards de nuances la direction que prendrait le fil de leur vie. Elle avait greffé au fond d’eux même leur Destin. Du coin de l’œil, Atropos la regardait d’un air narquois, se tournant les pouces. Son regard insolent n’était pas dénué d’admiration, du moins Lachésis l’espérait. Elle sourit en pensant à tout le travail qui attendrait Atropos lorsque les fils de toutes ces vies viendraient au bout de leur pelote. Mais elle n’avait pas le temps de trop y penser. Son travail était là maintenant.

Sans sourciller, elle continuait son immense tâche. Chacun de ses humains devait avoir une destinée propre. Le bel homme là bas, serait le premier d’une grande lignée puissante. Cette bossue, accroupie dans un coin rencontrerait l’amour ici même dans exactement vingt ans. Son amour, d’ailleurs, jeune homme à la peau trop pâle, venait de lui passer entre les mains. Leurs destins étaient scellés, et seule Lachésis avait le pouvoir de changer le cours des choses. Ces deux femmes qui ne se jetaient pas un regard seraient de grandes rivales politiques. Et le petit roux qui venait de s’endormir serait un chanteur de légende. Elle lui accorda un léger regard, lui souhaitant silencieusement qu’il saurait faire bon usage du libre arbitre qui s’enroulait autour de son destin tout tracé. Les deux hommes qui se regardaient fixement, sans prononcer un mot, s’aimeraient toute leur vie d’une passion si déchirante qu’ils ne s’en relèveraient pas. Chacun d’entre eux avait une destinée propre, et un libre-arbitre assez conséquent. Chacun des humains présent en Atlantide savait parler, marcher, ressentir…C’était peu de chose, et tout leur restait à inventer. Mais Lachésis avait fait de son mieux, dans son immense tâche, et aucun d’entre eux n’était laissé pour compte. Son regard éternel était à chaque instant rivé sur eux, et le serait toujours.

Et enfin, le dernier humain avait reçu sa part de destin. Lachésis s’approcha de Clotho

« - Ton travail a été colossal. Et extraordinaire. Notre Pandore a changé tu sais, les années ont couru sur le fil de sa vie, rapides. Elles ont apporté leur lot de peines et de bonheurs, de bonheurs surtout. Tu a créé un peuple, Clotho. Et la première pierre de ton édifice est devenue un palais à elle seule. Notre Pandore a changé. Déjà presque quinze ans que tu travailles sans relâche. Son corps de jeune fille a pris quelques rides, mais son esprit est resté pur. La courbe de sa vie s’est élancée, gracieuse, dans le grand vide des destinées. J’ai été là pour elle, mais ma tâche était grande. Je sais qu’elle a changé, et qu’à présent je…Je nourris pour elle un amour plus grand que l’océan, un amour de mère. Je sais que toi aussi, et notre sœur tout autant. Mais ton travail, comme celui d’Atropos, n’était pas de lui choisir une vie. Je me suis acquitté de cette tâche avec bonheur et tendresse. J’ai élevé ton peuple comme une mère l’aurait fait, mais elle a toujours été mon premier souci. Ma première bataille. Je l’aime comme une mère, et comme une mère j’ai veillé sur elle. J’ai élevé ton peuple, et j’ai veillé sur le fil de sa vie, toujours. Son destin est des plus beaux que je tisserai jamais. »

Les Moires s’approchèrent de Pandore d’une même mouvement. Lachésis se sentait vibrer d’amour pour cette superbe humaine. Pandore était devenu une femme forte, toute d’intuition et d’émotions. Pandore était belle. Lachésis sentit une bouffée de fierté lui parcourir l’échine. Elle avait su donner une destiné à la hauteur de Pandore. Une vraie belle destinée, avec des coups durs qui font progresser, avec du bonheur, et sa passion pour Epiméthée ne l’avait pas détruite. Loin de là. Ensemble, tels deux flammes, ils avaient parcouru quinze ans de leur vie, l’un dans les yeux de l’autre. Et le peuple créé par Clotho s’inspirait de leur union pour devenir beau. Pandore leur sourit, et Lachésis se rapella que son libre arbitre avait été grand, et qu’elle en avait usé mieux que quiconque. Sur la joue de Lachésis perla soudain une larme de joie.

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Message par Atropos le Lun 23 Nov - 22:10

Clotho, dans un tourbillon de frénésie créatrice, avait mit sur pied tout un Peuple Humain pour Atlantide, inventant au passage cette notion d'ADN qui permettrait à chacun de se démarquer des autres sans que la Moire Fileuse ait besoin de décider de leurs caractéristiques. Une invention brillante, pour une première génération atlante des plus variées. Lachésis avait doté chacun d'entre eux d'un destin, avait entremêlés les Fils que lui avait fourni la mère de toute vie en une Tapisserie, une Tapisserie que seules pouvaient voir les Trois Sœurs, une Tapisserie d'une beauté à couper le souffle ! Et dire qu'elle ne ferait que ce développer plus tard, devenant plus grande et plus belle par l'ajout de nouveaux humains. Et elle, Atropos, devrait coupé les Fils que Clotho introduisait sur le Métier et que leur autre sœurette tissait, quand le temps serait venu. Mais, dans cette création, elle n'avait rien à faire, car c'était le Début, et qu'elle, elle était et serait toujours, indubitablement, la Dame de la Fin.

En théorie, donc, elle aurait dû rester inactive...

Notez le « en théorie »...

Car elle ne resta pas inactive. Si elle venait souvent observer, curieuse, le travail fondamental de ses Sœurs, elle œuvrait aussi dans son coin. A sa grande création. Elle qui était la destructrice ultime. Mais bien sûr elle créait un outil de mort. Sa Lame. La Lame. La première. Et l'ultime. Qui ne serait jamais plus égalée par la suite dans aucun des Mondes. Il lui avait d'abord fallu inventer la Lame. Elle l'avait d'abord lentement ciselée dans la pierre, laissant parler son instinct créatif, si vaste, si profond, propre aux Moires. Après un millier d'essais, elle avait trouver la forme parfaite. Elle l'avait ensuite reproduite dans la pensée dans toutes les pierres qu'elle connaissait, détruisant l'un après l'autre ses modèles. La pierre brute n'irait pas, certes, mais il y avait de l'idée. Après quelques détours sur le bois et la glace, avec des résultats assez intéressants, elle trouva enfin une piste en creusant sa base de départ. Le métal ! Oui, le métal ! Mais quoi ? Proche de la ville où vivaient Pandore et ses petits camarades, elle découvrit, dans le sol, du cuivre et de l'étain.

Malheureusement, tout ça était trop mou, trop informe. En les mélangeant, elle obtint un truc beaucoup plus intéressant, qu'elle appela le bronze. En plus, c'était insensible à l'eau ! Elle nota l'idée, mais ça lui semblait encore trop fragile pour ce qu'elle voulait faire. Il y avait aussi d'autres métaux, mais en très petites quantité... Toutefois, elle isola chacun d'entre eux, les reproduit à plus grande échelle, et mena ses expériences. Elle sélectionna le fer et y tailla la forme de sa Lame d'une pensée. Mais non, cela n'allait pas... Un alliage aussi ? Après maintes nouvelles recherches, elle y additionna juste ce qu'il fallait de carbone pour donner l'acier, qu'elle adora et nota aussi dans un coin de sa tête. Seulement, après l'avoir modélisée, il lui apparu que d'autres pourraient reproduire son arme. De simples humains, avec les proportions nécessaires et la bonne technique, copieraient son œuvre ! C'était impensable ! Indigne d'elle ! En Atlantide, ils ne le feraient pas, car l'acier était vulnérable à l'eau, mais si on créait une autre ville... Qui pouvait savoir ?

Alors, envoyant son esprit aux quatre coins de la Création, elle chercha, chercha encore, modifia, allia, changea, parfois par des moyens inimaginables, tous les métaux qui soit, et fini par créer son suprême alliage. Jamais un mortel ne pourrait en faire autant, jamais. Ne voulant pas qu'on y touche, elle refusa de lui donner un nom, et y pensa seulement comme le Métal. Elle modélisa donc un nième Lame dans ce Métal, mais, en l'essayant, elle s'aperçu que ça n'allait toujours pas... Mais pourquoi ! De rage, elle anéantit quelques vies sous-marines – les trois-quarts en fait – et, ne trouvant rien, alla observer un peu Pandore pour chercher l'inspiration... De l'inspiration dans les Humains ! Quelle drôle d'idée... Ce fût cette pensée, qui en amena une autre, la ramenant à son idée d'acier de là à la « bonne technique »... La... La... La forge ! Mais oui ! La voilà la solution ! Il lui fallait forger cette fichue Lame, pas juste la modéliser à partir d'un bloc de matière brute ! Avec ses mains et ses... outils de forge ? Oui...

Ainsi donc, dans un coin reculé de l'univers, Atropos l'Implacable œuvra-t-elle pendant dix ans et dix jours, essayant mille et une manière de forger, toutes celles que trouveraient toutes les races mortelles par la suite, plus quelques autres de son cru. Et, finalement, elle repensa à sa lame de bois... Elle était... Feuilletée ! Ca avait été le seul moyen ! Feuilletée et résinée, mais c'était un détail ça ! Sa Lame serait de Métal et ainsi constituée. Elle composa ses premières couche, riant aux éclats ! Elle allait pouvoir achever son œuvre ! Et tuer Pandore ! A cette idée, toute joie la quitta et, seule, loin de ses Sœurs afférée, la Moire de la Mort pleura sur sa tâche... Et ses lames, tombant, sur elle, solidifièrent son arme tant elles étaient nombreuses. Alors, pleurant sans discontinuer, comme seule pouvait pleurer une Moire, elle œuvra, sans répit, feuille après feuille, pour composer cette Lame des lames, cet objet si beau et si mortel, mais dessiné à tuer la plus parfaite des mortelles qui foulerait jamais les Mondes.

Et la Lame fût forgée, dans le Métal parfait, par Atropos de la Fin et son art parfait, trempée dans les larmes mêmes de la Dame.

Sa création achevée, celle qui commandait à la Mort revint sur Atlantis, en Atlantide, au près de ses Sœurs. Quinze années c'étaient écoulées depuis la naissance de Pandore... Et Lachésis parlait. Alors Atropos resta en retrait, même quand les deux autres s'approchèrent de la jeune femme qui ne l'était peut-être plus tant que ça. Elle était toujours merveilleuse, même en comparaison de toutes les autres, mais la Moire la préférait encore un peu plus au part avant. Au bout de plusieurs minutes, elle apparu devant la mortelle. Des larmes luttaient encore pour naître dans ses yeux, et, bien qu'elle les réprime, elle ne parvenait à voir que la Première Humaine, et nul autre.

« Pandore... »

Sa voix, qui n'avait par réussi à garder sa froideur coutumière, achoppa sur cet unique mot, mais elle reprit aussitôt, sentant sa résolution s'amenuiser.

« Pandore ta fin est venue. J'ai entendu ma soeur dire... Penser ta vie. Elle fût glorieuse. Glorieuse et sans égale. Mais voici venir son terme... Car tout... doit... toujours... avoir... un terme... »

Ses paroles étaient difficiles à prononcer et venaient difficilement sur ses lèvres. Dans tous ses moments de vide, elle était venue l'observer, y puisant inspiration et joie. Elle ne pouvait... Et pourtant elle le devait. Et nul ne l'en empêcherait... Pas même elle.

« Aurevoir... »

Un murmure, si chargé d'amour qu'il lui fit mal. Pandore s'était redressée, fière face à l'absolu, mais ses yeux... Ses yeux... Oh, si elle avait eu quelqu'un à supplier, elle l'aurait fait ! Mais il n'y avait qu'elle même, et tout avait une fin, elle l'avait dit ! Alors, vive comme l'éclaire, sa main s'éleva, tenant la Lame qui en était le prolongement. Longue, légèrement courbée, à un seul tranchant, elle fila dans l'air comme rien ne l'avait fait au part avant, et perça infailliblement le cœur de la Première et de la plus belle, de la plus parfaite, de toutes les Humaines qui avaient été et seraient jamais...


Dernière édition par Atropos le Ven 22 Oct - 16:43, édité 1 fois
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Message par Clotho le Mer 17 Mar - 23:03

La lame était d’une perfection étourdissante, de celle qui vous transperce le cœur d’un douloureux élan de passion créative. Enfin, ce qui servait de cœur à la créature conceptuelle qu’était Clotho. Le métal mystérieux pénétra la chaire de Pandore à l’endroit exacte où battait le sien, bien réel, et s’enfonça entre deux côtes, au milieu de sa poitrine. Le temps sembla se ralentir à l’extrême tandis que la lame poursuivait sa course, de plus en plus lente. En fait, le temps se ralentissait vraiment ; car si le temps est une notion relative pour les humains, il l’est d’autant plus pour les Moires.

Pandore vacilla et tomba doucement en arrière, centimètre par centimètre, s’arrachant elle-même à l’instrument de sa mort. Sa tunique blanche, à présent percée d’une large fente disgracieuse, s’imbiba lentement, incroyablement lentement du sang écarlate de la Première Humaine. Atropos laissa tomber son bras assassin, qui tenait l’arme parfaite tâché de la vie de Pandore. Elle semblait pleurer, regretter l’inéluctable, mais ne bougeait pas. Lachésis non plus d’ailleurs ; elle observait la Mort s’emparer de leur création comme si on lui arrachait une partie d’elle-même, mais ne réagissait pas.

Alors Clotho s’élança. Elle laissa derrière elle son corps humain, qui s’écroula sur lui-même comme des vêtements dont le propriétaire se serait soudain volatilisé ; et se désagrégea dans une douce fumée grisâtre. Ne restait qu’une Moire à l’état pur. Elle se précipita sur Pandore, étincelante, percevant le monde à l’aide d’une infinité de sens qu’une créature vivante ne pourrait jamais imaginer. Elle sentait la vie qui quittait le corps de Pandore, elle voyait son sang se déverser sur le marbre du théâtre. Née ici, ici elle mourrait. Mais elle voyait autre chose. Comme une forme de lumière, une boule brillante qui palpitait à l’intérieur du corps agonisant. Une chose sans laquelle Pandore ne serait pas Pandore.

L’âme. Clotho en avait une, le théâtre en avait une, le moindre grain de sable en avait une. Elles restaient bien sagement calfeutrées dans les corps physiques des créatures, et n’en sortaient jamais. Sauf pour les Moires. Leur âme était libre, libre de posséder une infinité de corps selon leur désir du moment ; libres de survivre sans corps. Mais alors… Pourquoi pas celle de Pandore ? Pourquoi ne pas accorder à l’âme de la Première Humaine le pouvoir de vivre, de revivre une fois son corps mort ? La lame d’Atropos n’avait pas pénétré jusqu’à la petite sphère de lumière palpitante qui faiblissait à mesure que le sang s’écoulait, miroir sans doute de son refus de l’inéluctable.

Clotho tendit délicatement une sorte d’allégorie de la main sous forme d’âme et recueilli tendrement celle de Pandore. Elle était très attachée à sa forme humaine et refusait de la quitter sans mourir, mais la Moire fut inflexible. Elle tira, lentement, doucement, et arracha l’âme de la dépouille agonisante. Pour la rassurer, elle la laissa modeler son âme à l’image de son corps transpercé. Elle se débrouilla cependant pour la rajeunir un peu, l’air de rien. C’était plus joli comme ça.

Et Pandore poussa son dernier souffle tandis que son âme s’enfuyait. Elle était morte. A moitié morte. Le concept de fantôme venait de naître. L’humaine, ou plutôt l’âme de l’humaine, semblait un peu perdue. Elle n’avait pas l’air d’avoir compris qu’elle pouvait flotter dans les airs, par exemple ; elle continuait de mimer la marche. Les humaines encore vivants ne semblaient pas la voir, malgré les signes qu’elle tentait de leur adresser. Clotho compris que Pandore se sentait seule, qu’elle s’était attachée à son peuple et que ne plus pouvoir communiquer avec ses semblables déchirait l’âme de son cœur mort.

Le bouillon créatif qui composait une bonne part de la Moire se remit en marche. Pandore dépérirait sans quelques semblables pour lui tenir compagnie, de préférence des humains qu’elle avait connus et aimés. Les laisser vivre parmi leurs enfants, supposait Clotho, risquerait de créer des interférences et accidents, surtout du côté des vivants qui ne pouvaient percevoir leurs ancêtres trépassés. Le calcul ne fut pas long à effectuer. Il fallait un autre monde.

SUITE >>

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